# Posté le mardi 03 juin 2008 08:04

[Orphelin, du jour à la veille] Partie 5




J
e sens, alors perdu dans le monde des songes, un souffle léger et délicieux sur mon visage. Un exquis parfum de cerise m'emplit les narines, et, doucement, j'ouvre les yeux, curieux de la source de ce petit moment de plaisir.
De
ux yeux d'un marron foncé m'apparurent alors. Un regard plein de tendresse et d'excitation à quelques centimètres seulement du mien.
Le temps de sortir complètement de mes rêves et j'observe attentivement son visage. Desvres en forme de c½ur, un petit nez, un teintle et une chevelure brune descendant dans son dos, je ne vois pas jusqu'où, de ma position. Puis, tout en restant immobile, sa petite bouche commencer à remuer, formant des syllabes. Doucement, je lis sur sesvres, puis...

« Ca va merci. Et toi ? »

Souriant de plus belle, elle hoche la tête d'un signe affirmatif. Je ne connais pas le langage des signes, et je crois qu'elle non plus, mais bon, de toutes façons nous nous comprenons très bien et rien ne nous fera changer notre manière de communiquer.
Je soulève ma couette et sors de mon lit. Habillé uniquement d'un caleçon, je me dirige vers l'autre bout de ma chambre pour trouver de quoi compléter ma tenue. Je jette un coup d'½il par-dessus mon épaule, elle est assise sur le bord de mon lit, et me dévore des yeux.

« Arrête de me regarder comme ça, on dirait que tu vas me sauter dessus. »

D'
un air amusé, je lui tourne à nouveau le dos et m'habille. Chaussettes, jean, tee-shirt, parfait. J'entame alors un demi tour que je ne puis terminer, car, surpris que je suis, ma muette se jette vraiment sur moi. L'entourant alors de mes bras, je la serre contre moi. Nous nous balançons légèrement pendant cinq minutes, puis, ellecolle sa tête de mon torse.

«
Heureuse ? Lui demandais-je d'un ton enjoué. »

El
le se hissa sur la pointe des pieds et me déposa un baiser sur lesvres. C'est sa façon à elle de me dire « MERCI », et je ne peux qu'apprécier, sa bouche a un délicieux goût de cerise.

J
'aurais pus lui demander pourquoi elle n'était pas en cours, pourquoi elle était icime, comment était-elle entrée... Mais ça n'avait aucune importance, je lui une simple question qui me traversait alors l'esprit.

«
Qu'est-ce tu veux faire aujourd'hui ? »

E
lle joignit les mains etnétra mon regard de ses deux petits yeux marron foncés, Cela signifiait qu'elle n'avait rien de particulier à faire, et que ma seule compagnie lui importait. J'en profita alors pour l'observer dans son immobilité : Deux petites bottes noires, une jupe de lame couleur, mi longue, un tee-shirt simple rouge sang et une fine veste noire également venant conclure ce mariage de couleurs. Veste qui lui taillait parfaitement les épaules, épaules sur lesquelles tombait en cascade sa brune chevelure, qui descendait jusqu'au niveau de ses cuisses.

En
filant à mon tour une veste, j'ouvre la porte de ma chambre, et, en galant homme que je ne suis pas, je la laisse passer en première. Sur ses pas, nous quittons tous deux mon habitat pour déboucher dans une nature belle, joyeuse, et accueillante.

L
es doux rayons du soleil venant frapper mon visage,
L
a douce fraîcheur venant caresser mon corps,
Le doux ciel émerveillant mon regard,
L
a douce maint de Luciole dans la mienne,

Comment ne pas se sentir magnifiquement bien dans un moment comme celui-?


Oublions la maison, les voitures, les guerres, les criminels, la famille, les voisins, les gens, la pollution, l'effet de serre, lesgles, la scarification, la famine, la pauvreté, les présidents, les armes, le lycée, le travail, l'esclavage, la prison, les malfaiteurs, la police, l'armée, les lampadaires, lestements, l'argent, les dettes, les discriminations sexuelles, les cons, les abrutis, les crétins, les irréfléchis, les wechs, les racistes, les moqueries, les agressions, oublions tout ça... un rêve...

« Et si ? »



[Orphelin, du jour à la veille] Partie 5

# Posté le vendredi 06 juin 2008 15:24

Modifié le vendredi 06 juin 2008 17:27

[Orphelin, du jour à la veille] Partie 6



Je
reviens à la réalité, j'ouvre les yeux, un arc-en-ciel fait durer quelques secondes le rêve puis, Luciole, qui était alors allongée à mes cotés, dans l'herbe, se plaça sur mon torse et m'embrassa doucement, les yeux fermés.
Je
ne veux pas me lever, pas tout de suite, pas encore... Mais comme me le dit si souvent ma mère, toutes les bonnes choses ont une fin. Mais j'ai enfin pu y trouver réponse, « oui, mais on peut toujours recommencer ». Nous avons tous les deux raison. D'un air pensif, je glisse une main dans les fins cheveux de Luciole, et, après l'avoir embrassur le front, nous nous sommes redressés.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis arriver à pleine allure puit freiner sec à ma hauteur la voiture de mon père.

« L
udo, monte ! »

A
ucune question sur ma présence ici, il doit se passer quelque chose de plutôt grave, ou très important. Je glisse un petit « viens » à la jeune fille qui me tient la main, et nous montons dans lé véhicule.
L
'auteur de mes jours semble énervé stressé, mais surtout inquiet. Il roule plus vite qu'à l'habitude et avait l'air pressé d'arriver à sa destination, qui m'est inconnue pour le moment. J'aimerais le questionner, mais je ne pense pas que ce soit l'instant le mieux choisit pour cela. Late pleine de d'interrogations et sentant la main crispée de Luciole, j'ouvre la fenêtre de la voiture, mais je n'ai le temps d'apprécier le moindre petit courant d'air, car monre stoppe le véhicule devant l'hôpital. Inquiétude et peur me prennent alors, je sors précipitamment en claquant la porte derrière la jeune fille qui m'accompagne, et je me mets sur les talons de mon père, mon amie à un peu de mal à suivre ses grandes enjambées.
Un
bref arrêt à l'accueil, et l'auteur de mes jours se met à courir dans les couloirs après avoir pris connaissance d'un numéro de chambre, mais laquelle ? L'attente est insupportable, si mon père est venu me chercher, cela doit être une personne que je connais, mais qui ? Toutes les réponses se trouvent derrière cette porte, la numéro 235. Mon père entre, dévoilant par la même occasion le sujet de ses préoccupations.

As
sise sur une chaise, ma mère en larmes,
Sur le lit au milieu de la pièce, ma s½ur en sang.

Je reste debout, je reste droit, le regard fisur le corps bandé de ma petiteur. L'auteur de mes jours tente tant bien que mal de consoler mon autre, et moi j'essaie d'imaginer comment ma s½ur a put en arriver là ?

C
'est alors que je ressens un manque, le manque d'un contact, il manque...

B
rusquement, je me rends compte que la main de Luciole est absente, qu'elle-même n'est point présente. Je me retourne, tire la porte violemment. Je sors en toute hâte, et ma moitié perdue me tombe directement dans les bras, d'un regard apeuré et alors toute tremblante. De ses petits doigts dépasse un bout de papier qu'elle me tend, les yeux emplis de reproches de l'avoir laissée là.
J
e prend le morceau de feuille et lis l'unique ligne qui en salit sa blancheur.

«
On subit toujours les conséquences de nos actes. »

Je jeta un coup d'½il à Luciole, elle n'avait rien. S'il l'avait touchée...

«
Je ne te laisserai plus jamais seule, jamais. »

Je
savais qui avait fait ça, et il allait le payer, je ne sais pas encore comment, mais je comptais bien me venger. Passant la tête par la porte restée entrouverte, je signale à mes parents mon départ et je quitte l'hôpital avec ma jolie muette. M'arrêtant quelques pas après avoirpassé la porte d'entrée, et en l'occurrence de sortie, je lui demande :

« Il ne t'as rien fait ? »

Signe négatif.

«
Tu m'en veux ? »

sitation.

Pe
ur.

Si
gne négatif.

Enfin, elle se serre contre moi. L'enlaçant à mon tour de mes bras, j'embrasse ses cheveux en lui caressant distraitement la joue. Il s'en est pris à ma petite s½ur, je m'en prendrai à la sienne.

C'
est d'une marche silencieuse et la main de l'un dans celle de l'autre que nous avons repris le chemin du retour. Bien que nous soyons venus en voiture, je connais la route à pieds, et nous apprécions tous deux la marche sous les rayons du soleil.

Mid
i passe, mais cette fois j'appliquerais la phrase : « On ne vit que d'amour et d'eau fraîche » même si je la trouve insensée, mais après tout, tout être humain à le droit d'être en contradiction avec lui-même, n'est-ce pas ?



[ petit clin d'½il sur cette dernière phrase à une personne qui se reconnaîtra ;) ]


[Orphelin, du jour à la veille]  Partie 6

# Posté le vendredi 06 juin 2008 17:21

Modifié le mercredi 25 juin 2008 23:38

Lyr'

Lyr'



Encore une pierre, e
ncore une. Je n'en peux plus, mais comme toujours, je dois supporter, je dois tenir bon, endurer, et passer mon chemin. Un dernier caillou, mon front saigne, mais je m'en suit sortie. Quelle excuse vais-je encore devoir trouver à ma mère ? Je suis tombée, oui, tombée dans les escaliers.
Un
e voiture passe, je traverse la rue en courant, je ne veux plus entendre les cris et les rires, les moqueries et les insultes, je veux oublier tous ces minables qui ne me font que du mal, qui me pourrissent la vie. Le feu passe au rouge, j'enjambe les bandes blanches qui forment le passage piéton, et je m'engouffre dans la petite ruelle sur ma gauche après être arrivée sur la rue d'en face.
J'esquive
les poubelles dans ma course, je saute par-dessus un SDF, je ne me retourne même pas pour admirer son visage meurtri par la dureté de son existence, je trace. Un chat croise ma route et me suit jusqu'à l'intersection suivante, puis il disparaît à la poursuite d'un rat, je ne m'arrête pas pour profiter de cette scène, je ne veux pas qu'ils me rattrapent, pas encore, pas maintenant.

Enf
in, après tant de peur et d'essoufflements, j'arrive sur le seuil de la porte, de -ma- porte. Après être entrée dans la semi pénombre où baigne le hall, je m'arrête pour que mes yeux s'habituent à l'absence de lumière. Je perçois alors la silhouette de ma mère, doucement, je m'approche d'elle, elle dort profondément. Me dirigeant vers ma chambre, je passe la porte et m'affale sur mon lit, je constate alors avec effroi que mon oreiller est tâché de sang. Me passant une main sur le front, je cours en direction la salle de bain, et me nettoie le visage. Je pousse alors un cri de surprise et de peur lorsque ma mère me dit un simple « bonjour », adossée à la porte de la salle de bains, quelques peu choquée de ma réaction. Elle me demande si ça va, je lui réponds un petit « bien », et file dans ma chambre, mon c½ur bat encore à cent à l'heure, je ferme les yeux et mord mon oreiller, mon front m'élance, ma tête va exploser. J'ai l'impression qu'une balle me traverse le crâne lorsque la porte d'entrée claque, mon père vient de revenir du travail, entretien dans un lycée, ça paie pas des masses, mais nous parvenons quand même à vivre dans un minimum d'hygiène et de bonne santé, si maman prenait la peine de trouver du travail, ça serait plus facile, mais en belle égoïste qu'elle est, elle ne pense qu'a sa personne, et se fait inviter par toutes ses « amies », sans jamais penser à moi ou à papa.
Le repa
s vient, je ne peux y échapper, avec mon niveau de nutrition, le moindre saut de restauration, et je suis morte. Mes parents parlent de tout et de rien, je me contente d'écouter, ma mère n'a jamais supporté que les enfants ouvrent la bouche à table autre chose que pour manger. Calmement, je finis mes petits pois, je me donne l'impression de manger plus en le piquant un par un, mais mon assiette ne reste au final que bien maigre face au cri que mon estomac pour laisser échapper. J'essaie de me calmer, mais je ne peux plus, de mon ventre s'échappe à gargouillis énorme, quelques secondes seulement, et ma joue claque fortement. Je frotte la marque rouge des dix doigts de la main de ma mère, son excuse de me frapper ainsi, est que je « devrais avoir honte » de faire de tels bruits, jamais elle ne comprendra que ce n'est pas ma faute si on mange si mal ici, mais je suis contrainte de me taire, encore et toujours, pour ne pas finir dehors.
L
a nuit tombe, moi dans mon lit, la fatigue et la tristesse ne tarde à me gagner, je ferme les yeux, et m'endors entre deux sanglots. Un sommeil sans rêves, encore une fois, et ce n'est pas plus mal, je ne veux pas savoir de quoi est capable mon subconscient, je préfère les cauchemars bien tapis au fond de mon cerveau.

Le m
atin ne tarde, mais je ne me pose pas de questions, c'est finis depuis longtemps, pas la peine de me demander ce qu'il va m'arriver aujourd'hui, depuis 7 mois, je vais aller à l'école, et en revenir, avec les coups et blessures, les insultes et les moqueries... Je prend un coup de nerf, et donne un coup de poing dans ma porte, en quittant ma chambre. Je sors tout juste dans le couloir, et reçoit une seconde gifle sur la marque encore brûlante d'hier. J'étouffe un cri, je ferme les yeux pour que les larmes ne coulent pas, c'est encore ma mère, oui, ma mère. Je me prépare, comme tous les matins. Un verre d'eau, une tranche de pain rassis, le visage rapidement lavé à l'eau gelée, des habits rongés par les mites, et mon sac, si je peux encore qualifier cela de sac. Toute ma peur m'attend, là bas, derrière cette porte, mais je ne peux y échapper, lentement, je quitte ma maison, tous mes sens en alertes.

Je traverse em
prunte le chemin, le même qu'hier, en sens inverse, jusqu'au ce que j'arrive devant le feu maudit, lorsque qu'il passe au rouge, c'est l'heure de ma sentence. Nerveusement, le stress me gagne, la peur et l'impuissance, je fixe le feu comme si c'était la faucheuse, le changement de couleur correspond à la position de sa faux, vert, en haut, rouge, en bas, le coup étant donné. Le feu change, c'est en route, une nouvelle fois. Je traverse l'allée de goudron, et j'esquive le premier caillou. Les rires, les moqueries, les insultes me parviennent alors au oreilles, la grille du collège n'est plus qu'à une dizaine de mètre, je peux le faire, je peux y arriver, je l'ai fait durant sept mois, un jour de plus, ce n'est rien à coté de ça, je peux le faire, je peux...
Je veux, m
ais je n'ai pu, reculant de quelques pas pour éviter la première tombée de pierres, je n'ai eu le temps de voir la voiture qui m'arrivait dessus.

Enfin, je suis
libre à présent, les rires, les moqueries, es insultes, les cailloux, les gifles de ma mère, la douleur, le chat, le SDF, le rat, le feu, l'allée, le goudron, la voiture, tout ça disparut, dans un immense et éternel crissement de pneu.



By Death
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# Posté le mercredi 25 juin 2008 23:35

On reprend la plume, on retourne à ses débuts *...*

On reprend la plume, on retourne à ses débuts *...*
Si un jour nous devions nous quitter,
Ne plus jamais se voir, se parler,
J
e voudrais avant tout te demander,
S
i comme moi tu n'allais jamais m'oublier,

Car il n'y a rien de plus important,
Que pouvoir dans un coeur si grand,
Faire une place pour un adolescent,
Un joli souvenir pour tuer le temps.

M
ais une chose est sûre aujourd'hui,
Nous n'allons pas nous dire au revoir,
Encore tant de choses dans une vie,
Peut-on même le concevoir ?

Nos routes ne sont pas prêtent de se parer,
Je le dis et l'affirme comme je le peux,
Car comme moi tu peux sûrement le penser;
Nous avons encore des instants communs à passer tous les deux.



Parce que ça fait plaisir de te revoir =)

# Posté le mercredi 20 août 2008 15:19