20 Février
Ce matin je me suis levé, comme tous les matins, et je suis allé dans la cuisine. Arrivé devant le frigo, je l'ai ouvert pour y prendre la brique de lait, et je l'ai posé sur la table, j'ai ensuite pris une tasse dans le placard, j'ai du m'aider d'une chaise, puis je me suis assis à la même table. J'ai remplis ma tasse de céréales, le paquet se trouvant déjà sur la table, puis j'y ai versé du lait. J'ai attrapé une cuillère de l'égouttoir, et j'ai entamé mon petit déjeuner.
Ma tasse vide, je l'ai déposée dans l'évier avec la cuillère et je suis retourné dans ma chambre. Je me suis peigné un peu devant ma coiffeuse, et je me suis habillé avec ce qu'il y avait de propre dans mon armoire. Ceci fait, je me suis dirigé vers l'entrée. J'y ai pris au passage mon cartable et mon blouson, que j'ai enfilé avant de sortir à l'extérieur. J'ai marché jusqu'à la rue, et j'ai attendu. J'ai dû attendre une dizaine de minute, puis un flash me vint, j'étais en vacances ! En me disant que j'étais idiote, je suis retourné en courant vers la maison, j'ai enlevé mon blouson et jeté mon cartable à l'entrée, je n'ai pas pris le temps de me déshabillé complètement, je me suis glissé sous ma couette encore chaude. Un sentiment de confort m'envahit, j'ai fermé les yeux. Mais je pus entendre clairement mon père et ma mère.
Ils s'engueulaient d'après ce que j'entendais, et c'était pas du pipi de chat. Des insultes que je n'avais jamais osé prononcer ont été lancés tour à tour par mon père et ma mère, mais pourquoi s'engueulent-ils ? Je compris alors une des phrases de ma mère, la seule d'ailleurs, « ne me parle pas sur ce ton, tu va réveiller la p'tite », puis une porte claqua et le silence revint. Toujours sous ma couette chaude, je me suis rendormi.
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22 Février
Ma mère m'avait dit hier matin que mon père était partit aider un ami qui habitait loin, pourquoi me ment-elle ? Aujourd'hui, j'ai vu un chat se faire écraser dans la rue, et des nuages gris, rien de bien intéressant, entre autres. Je vais me coucher, bonne nuit petit journal.
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23 Février
Cette nuit j'ai fait un cauchemar horrible ! J'étais dans un grand bois tout plein de lumière, et j'ai vu une fontaine. Avec ce qui semblait être de l'eau dedans. Amusée et voulant touché l'eau, je me suis approché, mais j'ai vite retiré ma main tendu et j'ai poussé un cri d'horreur, au fond de la fontaine qui n'était pas si profonde, il y avait la tête de mon père, sans le corps, avec une expression d'effroi sur le visage. A chaque fois que je ferme les yeux, je revois ses yeux sans vie, c'était horrible ! Je me demande pourquoi j'ai rêvé ça, mais j'espère que je ne le verrai jamais en vrai. Il est midi, maman m'appel pour manger. Papa n'est toujours pas revenu. A bientôt petit journal.
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24 Février
Ohlala ! J'ai fait le même cauchemar qu'hier, mais j'ai eu moins peur, et j'ai plus regarder le visage de mon père. Je me suis quand même réveillé toute mouillée. Aujourd'hui, au grand bonheur visible de maman, papa est revenu. Ils se sont couché sans s'engeuler, peut être que papa était juste aller aider un ami pour de vrai. Je ne sais pas, on verra bien. Mes copines m'attendent, à plus tard petit journal.
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24 Février
Cette après midi je suis aller faire de la trottinette, et c'était super, vivement que j'en refasse. Cependant papa et maman, même s'ils ne se sont pas engueulés, 'avaient pas l'air de bien s'entendre, il y avait de la tension dans l'air. Je leur ai demandé ce qui n'allait pas, mais ils m'ont juste répondu que je me faisais du souci pour rien. Peut être, ça arrive des disputes après tout.
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25 Février
Aujourd'hui je suis allé au centre, c'était nul mais je ne vais pas le dire à mes parents, ils ont sans doutes assez de problèmes comme ça. Rien de bien intéressant à te raconter, je suis désolé petit journal. On verra demain.
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27 Février
Quelle horreur mas quelle horreur ! Hier ça a été la totale catastrophe. On venait de manger le midi, et papa et maman n'avaient toujours pas l'air d'être d'accord sur quelque chose. Puis maman est partie faire des courses l'après midi. Papa était devant la télé, et je jouais derrière le canapé avec ma poupée de chiffon préférée. Alors que je terminait un débat sur la pendaison avec ma poupée, mon p^ère s'est levé et s'est agenouillé devant moi. Il avait beaucoup de larmes dans les yeux, il avait l'air vraiment triste. Je l'ai alors pris dans les bras, ou plutôt, je me suis blotti dans les siens. Il a pleuré, puis il m'a dit :
« Anna, ma chérie, tu sais que je t'aime très fort.
-Bien sûr, moi aussi je t'aime très fort tu sais !
-Je n'en doute pas une seconde ma chérie.
-Mais y faut pas pleurer comme ça mon papounet.
-Ne t'inquiète pas, écoute. Je me suis engueulé avec ta maman, et elle ne va pas très bien.
-Oui.
-Et je vais devoir partir un petit moment pour que ça aille mieux.
-Tu veux partir ? !
-Pour que ça aille beaucoup mieux quand je reviendrais, tu sais.
-Oh...
-Mais ne t'inquiète pas je t'appellerais souvent, et je t'enverrai des cartes.
-Tu vas partir loin ?
-Je ne sais pas encore.
-D'accord..."
Mon père s'est alors levé et il est parti, comme ça, sans rien, en me laissant seul avec toutes mes questions. J'ai repris ma discussion avec ma poupée de chiffon, et elle était d'accord avec moi, les parents c'est bête des fois. Le soir maman est revenu, et elle était pas contente mais alors pas du tout. Après manger, on frappa à la porte ? J'ai dit a maman que j'allais ouvrir, et c'est ce que je fis ? C'était papa. Je lui adressa un sourire qu'il me rendit, et je dis a maman que c'était papa. Précipitamment, elle claqua la porte d'entrée et sortit dehors. Je n'osais regarder par la fenêtre, je me contentais d'écouter, l'oreille collée sur la porte. Des éclats de voix se sont fais entendre, et des bruits bizarre, comme quand je donnais des coup de poing et de pied dans mon oreiller. Des hurlements, des étouffements, puis plus rien. Je n'ai plus rien entendu. Au bout de quelques minutes, je ne pouvais plus attendre.
J'ai ouvert la porte et j'ai vu, oui, je l'ai vu ! Je l'ai vu et j'ai été horrifié ! J'ai hurlé de tout mon être, j'ai hurlé à en mourir. A quelques pas seulement de mes petits pieds, il y avait...
Le Journal, Drôles d'histoires, 1789
By Deatharte


